Naming : trouver un nom de marque, puis vérifier qu’il est libre

Un bon nom de marque se prononce sans hésiter, se retient après une seule écoute et peut être déposé. On le trouve en produisant beaucoup de candidats, puis en éliminant sans pitié : la plupart des noms qui plaisent tombent à la vérification de disponibilité.

Abdesalam Aouad 4 min de lecture

Deux collègues souriants triant des idées sur des notes adhésives : séance de naming pour trouver un nom de marque

Le nom est la seule partie de la marque qu’on ne change presque jamais : le logo évolue, le site est refait, le nom reste sur les factures, la devanture et dans la bouche des clients. C’est aussi le travail où l’on se trompe le plus souvent d’ordre : on tombe amoureux d’un nom, on fait dessiner le logo, puis on découvre qu’il est déjà déposé.

Les grandes familles de noms

FamillePrincipeAvantageLimite
DescriptifDit ce que fait l’entrepriseCompris tout de suiteDifficile à protéger, vite dépassé si l’activité s’élargit
ÉvocateurSuggère un bénéfice ou une imageMémorable, laisse de la placeDemande un peu d’explication au début
InventéUn mot qui n’existait pasFacile à déposer, nom de domaine souvent libreAucun sens au départ : tout est à construire
Patronyme ou lieuLe nom du fondateur, d’une ville, d’un quartierAuthentique, ancréLié à une personne ou à un endroit
SigleDes initialesCourtFroid, difficile à retenir sans notoriété

Il n’y a pas de bonne famille : il y a celle qui convient à votre marché. Une clinique rassure avec un nom sobre ; une marque de boissons peut se permettre un mot inventé.

Une méthode en cinq temps

  1. Le cadre. À qui s’adresse la marque, dans quels pays et quelles langues, avec quel ton, face à quels concurrents. Notez aussi ce que le nom ne doit pas évoquer.
  2. Les territoires. Cinq ou six pistes d’idées : l’origine, le geste, le résultat pour le client, une matière, une sensation.
  3. La production. Cent à deux cents noms, sans juger. La qualité vient de la quantité.
  4. Le tri. On garde une quinzaine de noms selon les critères ci-dessous.
  5. Les vérifications. C’est là que la liste fond. Il en reste trois ou quatre à présenter.
Main apposant un tampon sur un document officiel : dépôt d’un nom de marque à l’INPI ou à l’OMPIC
C’est la date de dépôt qui protège le nom.

Les critères pour trier

  • Se prononce sans hésiter dans les langues de vos clients. Au Maroc : en français, en arabe et souvent en anglais.
  • S’écrit comme il s’entend. Si vous devez l’épeler au téléphone, il vous coûtera des clients.
  • Court : deux ou trois syllabes se retiennent mieux.
  • Distinct des concurrents, à l’oreille comme à l’œil.
  • Sans sens gênant dans une autre langue ou un autre pays visé.
  • Capable de grandir : il ne doit pas enfermer la marque dans un seul produit ou une seule ville.

Les vérifications de disponibilité

La marque

Une marque se dépose pour des catégories de produits et de services, les « classes » de la classification internationale de Nice. Le même nom peut coexister dans deux classes sans rapport. Cherchez les marques identiques et proches dans les bases des offices : INPI pour la France, OMPIC pour le Maroc, IPI pour la Suisse, l’office Benelux pour la Belgique, l’EUIPO pour l’Union européenne. Une recherche de noms seulement ressemblants demande un œil professionnel : en cas de doute, un conseil en propriété industrielle tranche.

Le nom de domaine

Vérifiez le .com et l’extension de votre pays (.ma, .fr, .ch, .be). Si le .com est pris par une entreprise d’un autre secteur, ce n’est pas forcément bloquant, mais attendez-vous à perdre des e-mails mal adressés.

Les réseaux sociaux

Le même identifiant sur Instagram, TikTok, LinkedIn et Facebook, ou une variante propre. Un nom libre partout est rare ; un nom libre avec un suffixe simple suffit.

Le registre du commerce

La dénomination sociale se vérifie séparément de la marque. Au Maroc, le certificat négatif délivré par l’OMPIC atteste qu’elle est disponible.

Le sens et le son

Faites prononcer le nom par dix personnes qui ne le connaissent pas. Cherchez-le dans Google, seul et avec votre secteur. Vérifiez ce qu’il veut dire en darija, en arabe classique, en anglais.

Le dépôt

Une marque enregistrée est protégée dix ans, renouvelables, dans le pays de l’office et pour les classes choisies. Déposez avant de communiquer : c’est la date de dépôt qui compte. Pour vendre dans plusieurs pays, il existe des dépôts régionaux et un système international.

Les erreurs que nous voyons le plus

  • Choisir un nom parce que le .com est libre, sans vérifier les marques.
  • Un nom descriptif que dix concurrents pourraient porter.
  • Une orthographe « originale » que personne ne retrouve dans Google.
  • Décider à huit autour d’une table : un nom ne s’élit pas à l’unanimité, il se choisit sur des critères.
  • Faire dessiner le logo avant d’avoir vérifié le nom.

Le naming fait partie de notre travail d’identité de marque, avant le logo et la charte : l’ordre est expliqué dans logo, charte graphique, identité visuelle. Si vous hésitez entre deux noms ou partez de zéro, parlons-en.

Questions

Comment trouver un nom de marque ?

En fixant d’abord le cadre (clients, pays, ton, concurrents), puis en produisant une longue liste de noms autour de cinq ou six idées, en triant sur des critères, et en vérifiant la disponibilité des finalistes.

Comment vérifier qu’un nom de marque est libre ?

En cherchant les marques identiques et proches dans les bases des offices (INPI, OMPIC, IPI, Benelux, EUIPO) pour vos classes de produits, puis le nom de domaine, les réseaux sociaux et le registre du commerce.

Combien de temps dure la protection d’une marque ?

Dix ans à compter du dépôt, renouvelables indéfiniment, dans le pays de l’office et pour les classes de produits et services choisies.

Faut-il trouver le nom avant le logo ?

Oui. Le nom se vérifie et se dépose d’abord ; le logo se dessine ensuite, sur un nom dont vous êtes sûr de pouvoir vous servir.

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